Histoire et Tradition – Les Catherinettes

Histoire et Tradition – Les Catherinettes
Les Catherinettes  :  Une tradition un peu désuète mais encore présente dans le milieu de la mode et les maisons de haute-couture avec souvent de magnifiques chapeaux !

25 ans : Est-ce encore un âge symbolique !
Aujourd’hui être célibataire à 25ans n’a rien d’extraordinaire puisque la majorité des jeunes femmes poursuivent des études et arrivent tout juste dans la vie active. Certaines font aussi le choix volontaire de ce célibat et ne le considère donc pas comme un échec. Alors que dans le passé cet âge avait une forte valeur symbolique pour les femmes encore célibataires.

Sainte Catherine : Une histoire de religion et un paradoxe
Au IVème siècle, Catherine d’Alexandrie refuse de se marier à l’empereur Maxence. Il la fait emprisonner et martyriser. Elle résiste au supplice et refusant toujours de se marier, l’empereur lui fit couper la tête le 25 novembre 307.

Du XIIème au XIXème siècle, toutes les « jeunes » filles » et « vieilles » filles coiffaient Catherinette c’est à dire qu’elles coiffaient les statues de la sainte d’un voile lors d’une cérémonie religieuse dans l’espoir de se marier.

. Couverture de « Le petit journal illustre » du 24/11/1935. Collection privee ©Lee/Leemage

A la fin du XIXème siècle , les jeunes filles célibataires de 25 ans et plus portaient un bonnet le 25 novembre, jour de la Sainte Catherine pour se faire remarquer. Le nombre d’épingles sur la coiffe précisait l’âge de la jeune fille à marier. Ces jeunes filles souvent ouvrières organisaient des goûters pour marquer cette journée.

L’équivalent de cette pratique fait son apparition chez les garçons qui fêteront les  » Nicolas » , jeune homme célibataire de plus de 30 ans le 6 décembre.

C’est seulement au XXème siècle que la Ste Catherine devient une vraie journée festive et également une fête corporative pour les modistes et couturières.

Cette tradition de grande fête se poursuivra plus ou moins selon les entreprises au vue de la féminisation du travail mais reste aujourd’hui encore présente dans la plupart des maisons de Haute-Couture. ( Certains ateliers accordent même une journée de congés au couturières Catherinettes)

La symbolique des couleurs :
Les couleurs d’origine étaient le blanc : symbole de la virginité;
le vert : couleur de l’espérance;
le rouge : symbolisant le martyre.
Le jaune apparaissait parfois pour symboliser la foi.

Au fil du temps le bonnet a évolué en chapeau et seuls le jaune et le vert ont persisté. Symbole d’espérance et de connaissance pour le vert, de foi et d’union pour le jaune.

C’est seulement après 1950 que des objets symboliques viennent orner les chapeaux mettant en avant la personnalité et/ou la profession de la jeune fille.

Une journée de Catherinette :
Jusque dans les années 1960, la fête des Catherinette se déroule sur le lieu de travail mais c’est également un fête populaire avec cortège, bal, concours de chapeaux.
C’est une journée à part dans les entreprises surtout dans les ateliers de couture : Le travail cesse, les collègues des Catherinettes décorent l’espace et confectionnent les fameux chapeaux. Les Catherinettes sont accueillies par leur patron ou chef de service et sont coiffées de leur chapeau qu’elles garderont toute la journée. Elles reçoivent également de nombreux cadeaux.
Cette journée festive se poursuit autour d’un repas, éventuellement d’un bal ou d’une soirée,  et parfois amis et famille sont également accueillis. Cette fête sort des ateliers pour envahir les rues particulièrement à Paris ou se trouvent les ateliers de couture. De nombreux concours sont organisés pour élire la reine des Catherinettes.
Cette fête n’échappera pas aux crises, guerres, évènements politiques et à l’évolution des mentalités et se transformera parfois en une fête contestataire surtout quand la situation économique des ateliers de couture sera complexe après 1975.

Aujourd’hui :

Les gagnants du défilé : Nina Ricci – Gagnants Catherinette 2013- comité Montaigne.Sup de Luxe – Dior – Chanel – Sup de Luxe – Chanel

Depuis les années 1980, cette fête est réapparue dans les écoles de mode parisienne qui organisent un concours de chapeaux et une journée festive à l’intérieur des établissement.

Dans la couture, la tradition se perpétue plus ou moins avec un simple remise de chapeaux et cadeaux ou une vraie journée de fête.
Depuis 1986, Les Catherinettes des maisons de couture parisiennes sont reçues à l’Hôtel de ville de Paris et participent à un concours organisé par le comité Montaigne au théâtre des Champs-Elysées (comité réunissant les maisons de coutures pour travailler à leur rayonnement au niveau international).

Pour les modistes, des concours de chapeaux de Catherinettes sont aussi organisés lors des Estivales du Chapeau à Caussade (Tarn) en Juillet, par le club Chapeau-Passion en 2015 ou d’autres organisations plus localement. Ci-dessous des modèles réalisés les années précédentes par Les Chapo de Caro pour ces concours.

Venez découvrir lors des portes du « Faubourg des Arts » à Orléans le samedi 25 novembre de 14h à 18h ( Faubourg des Arts – 8 Faubroug Bannier 45000 Orléans)